En confisquant une ressource naturelle au profit de quelques-uns, les méga-bassines* constituent un projet anti-démocratique, de nature à mettre gravement en danger les milieux aquatiques et nos réserves d’eau potable. Elles constituent également un blanc-seing au maintien d’une agriculture productiviste, destructrice des sols et polluante pour l’eau et l’air, catastrophique pour la biodiversité animale et végétale ; une agriculture qui s’avère au final incapable de poursuivre sa mission initiale : nourrir les populations dans les décennies à venir.
Retrouvons-nous dans le Poitou du 24 au 26 mars aux côtés des Soulèvements de la Terre, de Bassines Non Merci et de la Confédération Paysanne pour arrêter ces chantiers climaticides et organiser la défense collective de l’eau.
* Méga-bassine : réserve d’eau géante (8 à 10 hectares en moyenne, 8 m de profondeur, entourée de digues de 10m de haut), remplie en hiver en pompant principalement dans les nappes souterraines, pour irriguer en été des cultures intensives (2/3 de maïs, semences, légumes industriels) et financée avec 70 % d’argent public (Agence de l’Eau, Région, État, Europe)
Pour en savoir plus …
Pour plus d’informations sur les méga-bassines, voir le document de la Confédération paysanne
également l’article sur le blog du site attacn91
Pour approfondir et s’armer de quelques arguments anti-bassines, l’article de Basta!
Pour comprendre l’absurdité des propos du Ministre de l’agriculture sur les excès d’eau perdus à la mer
Depuis un an, le mouvement parti du marais poitevin pour arrêter les méga-bassines a pris une ampleur retentissante par le biais d’une série de manifestations populaires et d’actions de désobéissance destinées à arrêter les chantiers en cours. Ces cratères géants d’une dizaine d’hectares, remplis en puisant dans les nappes phréatiques sont devenus le symbole d’une maladaptation au changement climatique. Ils incarnent le maintien coûte que coûte d’une irrigation excessive et d’un modèle agro-industriel qui écrase les paysan.ne.s, détruit les milieux naturels et menace in fine les populations. A partir d’une série de nouvelles bassines projetées dans les Deux-Sèvres, ces infrastructures menacent de se répandre dans d’autres régions à grand renfort d’argent public.
L’iconique présentatrice Soline Dégats fait le point sur les tendances et le climat de lutte du moment. Entre rafales répressives et bourrasques de mauvaise foi politicienne, le séisme antibassyclonique persiste à Ste Soline et promet un magnifique raz de marée humaine international dans les prochaines semaines !
Pour résumer …
- Ces projets de méga-bassines constituent un partage inéquitable de l’eau : la monopolisation d’un bien commun par une minorité d’agriculteurs industriels (seulement 6% des zones concernées) complique voire interdit l’accès à l’eau pour les « petit.es » paysan.nes bio. C’est un risque sérieux pour l’eau potable et le bon fonctionnement des milieux naturels. Dans le même temps, il est demandé aux habitant.te.s de restreindre leur usage de l’eau durant l’été. Cette agriculture qui s’accapare massivement l’eau ne participe pas à la souveraineté alimentaire des territoires concernés : les produits sont destinés à l’agroalimentaire, l’exportation et, encore pire, aux agrocarburants. Les paysan.ne.s qui pratiquent l’agroécologie, et qui nourrissent les habitant.es n’ont pas besoin de ces réserves gargantuesques, mais, hélas, leur ressource en eau risque d’être impactée.
- Ces projets sont une substitution douteuse, manipulée par les lobbies agro-industriels : il n’y aucune garantie de la baisse des volumes prélevés (année de référence biaisée).
- Ces projets s’organisent sans transparence dans les processus de validation.
- Ces projets sont une incohérence économique et climatique et représentent
– un gaspillage de l’eau (évaporation de 20 % dans les bassines puis pendant l’arrosage)
– un gaspillage des terres et de l’argent public (provenant des factures d’eau des consommateurs)
– un financement public pour des bénéfices privés
– le non-respect du principe pollueur- payeur : aucune garantie de les remplir en hiver en raison du changement climatique.












