Ni Fouju, Ni Ailleurs !

200 personnes se sont rassemblées le 24 mai 2026 contre le projet démentiel « Campus IA », à proximité de Fouju.
Un convoi vélo parti de Melun, des prises de parole, une ballade naturaliste, une fanfare et un pique-nique …

Ci-dessous le résumé de l’intervention de l’Alliance écologique et sociale de l’Essonne, qui regroupe une dizaine d’organisations syndicales et associatives et qui s’est exprimée par une contribution à l’enquête publique sur ce projet démesuré.

De quelle « souveraineté numérique » parle-t-on ?

  • en 2025, Amazon, Microsoft et Google détiennent à eux seuls 70 % des parts du marché européen du cloud ;
  • Le projet Camus IA, souvent qualifié de « souverain » restera en fait fermement contrôlé par le fonds émirati MGX (étroitement lié à la Big Tech américaine) qui disposera de la plus grande part du capital. Selon l’Observatoire des Multinationales, il détiendrait 70 % de parts, Mistral AI, quant à lui n’en détiendrait que 1 % ;
  • Pour parvenir à la construction effrénée de data centers, l’article 15 a été intégré au projet de loi de « simplification de la vie économique », (définitivement adopté par le Parlement) et qui prévoit notamment de pouvoir qualifier les centres de données de projets d’intérêt national majeur (PINM) en assouplissant les autorisations relatives à l’urbanisme, l’environnement et le raccordement électrique.

    Une importante artificialisation des terres agricoles

    • une emprise de 90 hectares au total, près de 70 hectares de terres agricoles seront artificialisés, alors que le SDRIF de la Région Ile de France prévoit que les centres de données soient implantés prioritairement sur des friches industrielles et non en extension urbaine

    Une consommation d’énergie électrique hors-norme

    • une puissance équivalente à celle d’un réacteur nucléaire (1,4 gigawatt pour 1,6 pour l’EPR de Flamanville). Il consomme autant d’électricité annuellement (10,5 TWh) que 16 % de la consommation d’électricité de toute l’Île-de-France (65,4 TWh en 2024) ! Alors que la communauté de communes prévoit une diminution de sa consommation d’énergie de 25 % à horizon 2030, Campus IA la ferait au contraire augmenter de plus de 1 400 %
    • Selon le dernier rapport de l’Ademe, si les tendances actuelles se poursuivent, la consommation des datacenters en France, actuellement de 10 TWh devrait grimper à 37 TWh d’ici 2035, mais n’avait pas anticipé ce projet !

    Au regard des émissions de gaz à effet de serre

    • Les émissions totales du projet s’élèvent à 28,5 MtCO2eq (pour une durée de vie de 50 ans) dont la moitié due à la consommation du campus ;
    • Ces émissions seraient donc 1600 fois plus importantes que l’activité agricole en cours actuellement ;
    • rendant caducs les objectifs de décarbonation de nombreux secteurs pour 2030 (véhicules électriques, électrification de l’industrie, décarbonation des bâtiments).

    Du système de refroidissement émettant des tonnes de PFAs

    • Comme la nappe phréatique (calcaires de Champigny) ne suffit déjà plus à alimenter la Seine-et-Marne en eau potable, le système de « dry cooling », c’est-à-dire de refroidissement des serveurs par système réfrigérant plutôt qu’en puisant l’eau de la nappe, s’est imposé au projet ;
    • 680 groupes froids installés en toiture et utilisant le gaz réfrigérant R1234ze, choisi pour son faible potentiel de réchauffement global, mais source de gaz à effet de serre puissant en atmosphère ouverte (pouvoir réchauffant 14 800 fois plus important que le CO2), et source de substance alkylée polyfluorée (PFAS) ;
    • avec un taux de fuite de 3 % par an en fonctionnement non accidentel (page 527 de l’étude d’impact). Près de 17 tonnes de PFAS seraient ainsi émis annuellement !

    De la chaleur fatale anecdotiquement récupérée

    • Le total des besoins (encore hypothétiques) s’élèverait à 76 GWh par an, à comparer aux consommations annuelles du site de 10,5 TWh, soit des besoins énergétiques récupérables bien inférieurs à 1 % de la chaleur fatale !

    De l’incidence des groupes électrogènes sur la pollution de l’air et la pollution sonore

    • 613 groupes électrogènes de secours, testés chaque mois, transformant de l’huile végétale hydrotraitée (HVO) en électricité afin de garantir une autonomie minimale de 48 heures. La puissance thermique nominale cumulée des groupes électrogènes atteint 4 663 MWth, soit une capacité thermique de production d’électricité équivalente à plus de la puissance totale du parc thermique interrégional de production d’électricité d’EDF en France métropolitaine !
    • Émissions de polluants (oxydes d’azote, articules fines, monoxyde de carbone ainsi que d’autres composés organiques) sont préjudiciables car la qualité de l’air de la zone dépasse déjà les seuils de l’OMS pour les particules fines. Les émissions de NO2 induisent un risque sanitaire élevé pour les occupants de la future prison en mode test et un dépassement de la valeur toxique pour les travailleurs à proximité en mode d’urgence (cas de panne prolongée) ;
    • Campus IA générera des nuisances sonores permanentes, dues aux nombreuses sources de bruit (groupes froids, groupes électrogènes, centrale de traitement d’air, etc), et aggravées lors du fonctionnement des groupes électrogènes.

    De l’incidence de l’énorme quantité de carburant stocké

    • important stockage de biocarburant HVO (carburant huile végétale importé) pour le fonctionnement des groupes électrogènes de secours : 15 860 tonnes de HVO sont stockées dans 216 cuves enterrées et 613 cuves aériennes. Il est à noter que 90 % du HVO consommé en France est importé, la majorité provenant de pays en dehors de l’UE (principalement d’Asie).
    • En cas de pénurie ou de défaut d’approvisionnement en HVO, celui-ci sera remplacé par du fioul domestique, pour un total de 17 830 tonnes. Il est inadmissible que chaque datacenter fasse l’objet d’une demande d’autorisation indépendante pour ne pas dépasser le « seuil bas » de Seveso (2 500 tonnes) alors que l’ensemble des cuves sont situés sur un même site du projet Campus IA !

    L’Alliance Écologique et Sociale de l’Essonne réclame d’autre part un moratoire pour les grosses infrastructures de data centers (dites « hyperscale ») ainsi qu’un véritable débat public sur les besoins en data centers en Île-de-France et ailleurs, incluant leur planification temporelle et géographique.

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