Retraites

Coronavirus : après l’annonce de la SUSPENSION de la réforme des retraites par le président Macron, c’est le RETRAIT du projet qu’il faut exiger !!!

Une réunion débat sur le projet de réforme des retraites était organisée le 5 mars 2020 par la CGT (UL Les Ulis) et ATTAC Nord-Essonne à Bures-sur-Yvette,
avec la participation de Gérard Rodriguez ancien conseiller CGT en charge des retraites.
Nous reproduisons ci-dessous la contribution Attac qui s’est inspirée entre autres de la note
Un autre Projet de Retraites est Possible !

Visuel d’annonce

Contribution Attac au débat

  • Un projet de loi qui rencontre l’hostilité d’une majorité de la population (le sondage du 2-3 mars indique que 60 % des Français souhaitent le retrait)
  • Qui fait face à une mobilisation historique de tout un tas de secteurs professionnels : des avocats aux enseignants, des cheminots aux danseuses de l’Opéra, aux égoutiers ou aux cadres du privé, aux mvts féministes, etc
  • Un projet de loi qui met à bas un système hérité du Conseil national de la Résistance il y a près de 80 ans

Face à ça, que fait le gouvernement ?

  • il refuse tout dialogue social réel avec les représentants de salariés, écarte tout référendum avec la population, refuse tout débat et tout vote à l’Assemblée nationale
  • A l’heure où l’attention est focalisée sur l’épidémie du coronavirus, où les hospitaliers sont sur le pont, le gouvernement en profite pour passer en force
  • C’est le signe d’un gouvernement aux abois qui s’impose par les violences policières et par l’autoritarisme
    • En somme qui utilise la matraque et le 49-3 pour passer un pilier de son programme ultra libéral
  • A la crise sociale, s’ajoute une crise de la démocratie.
    • Un gouvernement qui a multiplié les signes de mépris du Parlement : procédure accélérée, temps réduit pour prendre connaissance du projet de loi et de l’étude d’impact, volonté de boucler le débat avant la trêve des municipales et, plus largement, calendrier intenable au regard de l’enjeu sociétal de la réforme

Retour sur la « conférence de financement »

  • L’objectif affiché par le gouvernement est de « combler un déficit estimé à 12 milliards € »
  • En écartant toute hausse des cotisations, modification de l’assiette ou abandon des exonérations, l’exécutif ne laisse aucune autre voie que de baisser les pensions et retarder l’âge de départ à la retraite.
  • Pourtant, d’autres voies existent qui peuvent permettre à la fois de trouver les 12 milliards recherchés, et même financer une nette amélioration du système de retraites actuel.
  • Le déficit provient essentiellement de la baisse des ressources affectées au système, en raison de la forte baisse de la part de la masse salariale du secteur public, de la non-compensation de certaines exonérations de cotisations sociales, ainsi que de la baisse des transferts de l’Unedic et de la CNAF.

Par la mise à plat des politiques fiscales incitatives (total = 11,2 M€)

  • Supprimer les allègements de cotisations en place (5 M€)
  • compenser les exonérations dues par l’État (5,2 M€)
  • mettre en place une surcotisation patronale sur les temps partiels imposés, même modeste (1 M€)

Par le renforcement des cotisations salariales et patronales (9,3 M€)

  • en augmentant de 1 point le taux de cotisation

Par la taxation des revenus du capital

  • Élargir l’assiette des cotisations aux revenus du capital distribués aux actionnaires (91 milliards € par an)
  • en appliquant un taux jusqu’à l’équivalent de 28,1% (soit le taux de cotisation appliqué sur les salaires bruts)
    • cela donne un potentiel de 25,6 milliards €, soit plus du double de ce que cherche la conférence de financement
  • Avec ces mesures de justice sociale, un potentiel de financement de
    46,1 milliards d’euros par an pourrait être dégagé
  • Une somme qui permettrait non seulement de compenser le déficit passager du système actuel des retraites, mais de l’améliorer considérablement en annulant les mesures régressives prises par les gouvernements précédents et en créant et finançant de nouveaux droits.

En effet, refuser le projet de réforme ne vaut pas non plus acceptation du statu quo : le système de retraites actuel doit être notablement amélioré en revenant notamment sur les mesures régressives prises par les gouvernements précédents mais aussi en assurant de nouveaux droits.

sur la base de 4 principes :

  1. tenir compte des spécificités professionnelles
  2. combattre les inégalités, en particulier entre les femmes et les hommes, en assurant une redistribution par des dispositifs de solidarité renforcés
  3. garantir un montant de pension qui permette un maintien du niveau de vie lors du départ en retraite
  4. partir assez tôt en retraite pour que cette période de vie puisse être vécue sans incapacité.

Tenir ces objectifs suppose de rompre avec le dogme qui vise à limiter la part des retraites dans la richesse produite, le PIB.

Le montant des dépenses nécessaires à cette réforme progressiste pourrait s’élever à 17 % du PIB – soit trois points supplémentaires par rapport à aujourd’hui –

Mais cette refonte ne se base pas sur la course sans fin à toujours plus de croissance. La contrainte écologique pèse sur les programmes sociaux d’autant plus que la répartition des revenus se fait actuellement au détriment du travail et que le modèle productif n’est pas résolument réorienté. C’est avec cette logique que ce projet entend rompre.